Êtes-vous bien branché ?
Cela semble aujourd’hui évident mais il y a peu, personne n’était choqué de voir l’eau des toilettes de tel ou tel pavillon se rejeter dans la rivière. Ainsi le raccordement au réseau d’eaux usées est obligatoire comme l’édicte le code de la santé publique (articles L1331-1, L1331-2, L1331-3, L1331-4, L1331-5, L1331-6, L1331-8).
Or, être raccordé au réseau d’assainissement ne suffit pas : encore faut-il l’être correctement ! A quoi cela servirait-il de séparer les eaux usées des eaux de pluie si les habitations qui sont raccordées ne font pas la distinction ? Pourtant ce genre de situation est assez fréquente. Du bon raccordement de chaque habitation au réseau séparatif dépendra le bon fonctionnement de l’ensemble du réseau d’assainissement.
Comment savoir si l’on est bien raccordé ou non ? Il existe plusieurs manières d’en faire le diagnostic. La plus simple d’entre elles est tout simplement, lorsque cela est possible, de suivre les différents tuyaux jusqu’à leur terminaison. Le cas le plus courant est celui de la machine à laver installée dans le sous-sol d’un pavillon et raccordée au tuyau des eaux de pluie ou à l’inverse la gouttière qui se rejette dans la canalisation d’eaux usées.
Mais, la plupart du temps, il n’est pas aisé de faire son propre diagnostic par exemple lorsque les tuyaux ne sont pas visibles ou que l’on ne connaît pas exactement l’emplacement des réseaux publics.
Il existe deux tests qui permettent de faire un diagnostic efficace : le test à la fumée et le test au colorant. Ces deux procédés ont l’avantage de faire un état des lieux très précis de vos raccordements aux réseaux, mais il faut dans ce cas faire appel à des professionnels. De la fumée (inoffensive) est envoyée dans le réseau d’eaux usées dans la rue des habitations testées. S’il y a anomalie, par exemple une gouttière raccordée au réseau d’eaux usées, de la fumée sortira par le conduit mal raccordé. Ce simple test permet de repérer rapidement et complètement toutes les anomalies.
Le test au colorant, quant à lui, est un peu plus complexe à mettre en place. Si, pour le test à la fumée, il n’est pas forcément nécessaire de déranger les résidents de l’habitation, le test au colorant demande aux techniciens d’opérer de l’intérieur des habitations. Il s’agit, en effet, d’injecter un colorant non toxique à partir des différents points d’évacuation des eaux usées du logement (éviers, salle d’eau, WC, machine à laver, etc.) puis à repérer le traceur dans l’un des réseaux sous la voirie. On mettra ainsi en évidence le circuit des eaux usées de l’habitation contrôlée pour en repérer les éventuelles anomalies.
